Nassamou Moutari un jeune malvoyant de 19 ans
Nassamou Moutari un jeune malvoyant de 19 ans

Le Braille, ce papier grâce auquel non-voyants et  malvoyants  peuvent lire et écrire est célébré ce 04 janvier. Au Niger comme dans la plupart des pays Africains, les aveugles sont confrontés à beaucoup de difficultés. Le Braille est leur solution finale pour s’adapter et avoir accès à la formation surtout livresque. Le magazine a fait la découverte de Nassamou Moutari  un jeune malvoyant de 19 ans. Il est étudiant en droit à l’université suisse de Niamey. Son ambition est de devenir à l’avenir un magistrat afin de défendre le droit de ses semblables.

Sac à dos et regard fixé sur le devant, Moutari est un élève assidu avec plein de volonté pour réussir, il nous dit : « C’est avec le Braille qu’on arrive à étudier. Toute notre étude se repose sur l’utilisation du Braille. J’ai commencé dès le Cours d’initiation CI avec le Braille à l’école Soni Abdourahmane de Niamey». L’accès à l’éducation est un droit garanti à tous au Niger, mais l’éducation des malvoyants requiert beaucoup de moyens et d’investissements. Le manque de ressources humaines complique alors la tâche à ses hommes et femmes qui ont perdu la vue. Mais ceci n’est pas le cas chez Moutari, confiant et rassuré d’un lendemain meilleur, il parle des difficultés avec l’assurance qu’un bienfaiteur pourrait les aider. « le problème que nous rencontrons c’est celui des matériels… l’apprentissage du Braille est un peu difficile ». A l’université, les choses sont plus complexes avec des professeurs non adaptés, à la situation des malvoyants, ces derniers sont confrontés à un sérieux problème de prise de notes. Moutari nous dit : « C’est des écritures qui prennent beaucoup de papier… avec un texte qui fait une copie des voyants, nous on peut aller jusqu’à deux ou quatre copies, les feuilles nous coûtent 50 F CFA une copie en librairie.». L’accès au document paraît également compliqué pour les non-voyants puisque ces documents didactiques ne sont pas disponibles en Braille. Si le manque de papier empêche Moutari de recopier ses cours, il est déterminé à aller de l’avant et exceller dans ses études. « Je fais le droit et mon ambition est de devenir magistrat. J’ai remarqué qu’il faut connaitre ses droits pour pouvoir défendre nos droits »

Puisse le temps soit favorable à nos amis malvoyants  pour que le rêve et l’ambition de ses derniers survivent malgré toute les complications.