»Un électeur, une voix’’, cette phrase constitue le crédo de toute démocratie qui se veut respectable.

Pour nombreux pays majoritairement africains dont le Niger, des problèmes d’enracinement de la culture démocratique, les transitions démocratiques difficiles auxquelles on peux ajouter la défaillance de l’état civile, sont autant de facteurs qui constituent un frein à la tenue d’élections crédibles transparentes et incisives .C’est dans ce contexte que la biométrie a fait son apparition au point de devenir aujourd’hui  un élément clé permettant de pallier aux fraudes électorales massives et instaurer un jeux électoral sain. En quoi consiste la biométrie électorale ? Le vote par vérification biométrique consiste à comparer les informations biographiques de l’électeur avec celles inscrites sur la liste électorale à travers un terminal de vote conçu grâce à une technologie de pointe. Si ces informations correspondent un code à barre sur la liste est scanné et la photo de l’électeur apparaît sur l’écran de l’appareil, dans le cas échéant une alerte est déclenchée par un signal rouge lumineux. Mais il faut  en amont, vous l’aurai compris, disposer d’une liste biométrique, le fichier.

Le Niger, seul pays de la sous région ne disposant pas de fichier biométrique à ce jour, alors même que les autorités issus des élections générales de 2011 se sont engagées à démarrer la  »bio métrisation » en vue d’avoir un fichier électorale biométrique fiable avant les élections de 2016. Pourtant, il eu fallut novembre 2014 pour mettre en place le premier comité national Chargé de produire le fichier biométrique. Un an après sa mise en place ce comité s’est avéré incapable d’accomplir la mission à lui confié. Cet échec s’est soldé on se rappelle par le refus de l’opposition  d’aller aux élections avec le fichier classique avant d’exiger l’audit dudit fichier. Voilà comment la biométrie donna rendez-vous au Niger en 2021. Seulement, peu après la mise en place du bureau permanent de la Commission Électorale Nationale et Indépendante (CENI), une délégation de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) a séjourné au Niger dans le cadre d’une mission technique. À l’issu de cette mission la faisabilité du fichier biométrique serait remis en cause selon un article de Jeune Afrique paru le 09 janvier 2018. Les mêmes raisons évoquées en parti il y’a 3 ans par le Comité National chargé du Fichier Biométrique seraient à la base à savoir la faible couverture en réseau internet et électrique.

Le régime en place ne veut-il pas du fichier biométrique ?

Selon certains observateurs de la scène politique il y’a toutes les raisons de douter de la sincérité du gouvernement. Et au delà de l’élaboration du fichier biométrique, il faudrait douter de la promesse du président de la République d’organiser les élections de 2021 et remettre le pouvoir à celle ou celui que les Nigériens auront choisit. Il est vrai, le régime a toujours ressasser sa capacité résiliente et sa prévisibilité en matière de gestion de la chose publique. On a procédé quant il était nécessaire à des collectifs budgétaire pour pallier aux chocs sécuritaires et autre préoccupations d’ordre nationale. Pourquoi alors la renaissance n’a pas été très enthousiaste en ce qui concerne le fichier biométrique? 5 ans c’est largement suffisant pour élaborer un fichier biométrique même s’il fallait mettre en place les infrastructures nécessaires pour améliorer la couverture du réseau électrique et internet. Pour ainsi dire l’argument de l’insuffisance du réseau électrique et internet est surmontable. En effet selon le document de politique nationale des télécommunications la couverture internet du Niger est de 72% en 2011. Alors question, comment des pays comme le Mali, le Burkina Faso, le Tchad et la Guinée Bissau qui sont de très loin incomparables au Niger en terme de couverture internet sont-ils arrivés à intégrés la biométrie ?

Youssouf Sériba