Mariama Moussa, présidente de l’ONG SOS FEVVF-Femme et Enfant Victimes de violence familiale lors d'une séance de sensibilisation sur la scolarisation de la jeune fille à Say région de Tillabéry.
Mariama Moussa, présidente de l’ONG SOS FEVVF-Femme et Enfant Victimes de violence familiale lors d’une séance de sensibilisation sur la scolarisation de la jeune fille à Say région de Tillabéry.

En décembre 2019 au Niger, l’initiative Spotlight a été mise en place pour accentuer la lutte contre les violences faites aux femmes, l’autonomisation des femmes, et l’égalité des sexes. Mise en place par le système des nations unies et l’Union Européenne, cette initiative regroupe la quasi-totalité des acteurs (Politiques, société-civile, autorités religieuses, chef traditionnel…) dans la lutte contre les violences faites aux femmes. Au Niger : Mariama Moussa, présidente de l’ONG SOS FEVVF : Femme et Enfant Victimes de violence familiale est la représentante de la société civile au sein de l’initiative Spotlight.

Qu’apporterait réellement cette initiative dans les efforts d’autonomisation des femmes ? Comment les acteurs impliqués travaillent pour atteindre leurs objectifs ? Qu’offre réellement l’initiative Spotlight aux acteurs de terrains ?

Avec plus de 20 ans d’engagement pour la lutte contre les violences faites aux femmes la présidence de l’ONG SOS FEVVF, Mariama Moussa répond à quelques-unes de ces questions.

Le gouvernement nigérien s’est associé au système des nations unies et l’Union Européenne pour la mise en place de l’initiative Spotlight. Qu’est ce que cette initiative changera dans votre combat de lutte contre les violences faites aux femmes ?

C’est une initiative qui vient à point nommé. Nous nous sommes dit que c’est un souhait qui a concordé avec la réalité. Depuis longtemps les organisations locales attendaient un programme d’envergure pour pouvoir bien lutter contre les violences faites aux femmes et aux filles ; un fléau qui mine notre société.

Selon une étude sur l’ampleur et les déterminants des violences basées sur le genre diligenté par le fond des nations unies pour la population (UNFPA) : Par rapport aux violences faites aux femmes au Niger 28% de femmes sont touchées. Déjà avec ce taux, nous pouvons dire qu’il y a un travail à faire et l’initiative Spotlight contribue beaucoup à briser le silence autour des violences faites aux femmes et aux filles.

Un peu plus loin, elle assure la prise en charge des survivantes des violences basées sur le genre.

Mariama Moussa, présidente de l’ONG SOS FEVVF-Femme et Enfant Victimes de violence familiale lors d'une séance de sensibilisation sur la scolarisation de la jeune fille à Say région de Tillabéry.
Mariama Moussa, présidente de l’ONG SOS FEVVF-Femme et Enfant Victimes de violence familiale lors d’une séance de sensibilisation sur la scolarisation de la jeune fille à Say région de Tillabéry.
Quel est alors l’apport de l’initiative Spotlight dans les efforts de lutte contre les violences basées sur le genre ?

C’est à travers les fonds de l’initiative Spotlight ; grâce à l’apport de l’UNFPA ; nous sommes en train de mener quelques actions d’envergure : il, s’agit de diffusion de message de sensibilisation sur les violences faites aux femmes et filles, des débats radio-télévisés, des actions de renforcement de capacités de certains acteurs de premières lignes (leaders communautaires, responsables religieux, les agents de santé, les forces de défenses et de sécurité…). Et bientôt, il y aura des centres multifonctionnels qui seront construits à Zinder par exemple, afin de faciliter la prise en charge des femmes et filles victimes survivantes de violences basées sur le genre.  Ces centres seront dotés d’un personnel adéquat (Psychologue, assistant social, infirmier, sage-femme…).

A travers ces centres, non seulement les victimes auront une prise en charge mais aussi des référencements seront fait en cas de complication ou de manque de compétence.

Quels changements espérez-vous à travers l’initiative Spotlight ?

Je pense qu’à travers cette initiative, il y aura plusieurs avancées surtout dans la prise en charge des violences faites aux femmes.

Puisqu’à travers cette initiative, tous les acteurs sont impliqués. Plusieurs ministères sont impliqués dans la lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles.

Nous avons le ministère de l’éducation, le ministère de la jeunesse, le ministère de la promotion de la femme, le ministère de la justice, le ministère de l’intérieur. Jusqu’aux chefs traditionnels, la chaîne de prise en charge y est.

Séance de sensibilisation dans la localité de Saye avec des responsables communautaires
Séance de sensibilisation dans la localité de Saye avec des responsables communautaires
Pourriez-vous dire qu’avec l’initiative Spotlight, une certaine synchronisation est mise en place pour lutter contre les violences faites aux femmes ?

J’allais dire que cette initiative, a permis de développer une synergie d’action entre acteurs puisque la collaboration y est.

Aujourd’hui si un cas de violence est signalé à notre organisation, qu’elle veut référer au niveau de la police ou de la gendarmerie, elle (ndlr : notre organisation) ne trouve pas de difficulté.

Enfin je me dis que cette initiative va beaucoup aider dans le cadre de la réduction des violences faites aux femmes et aux filles. Il serait difficile de dire que nous allons éliminer les violences faites aux femmes, mais nous parviendrons à leurs réductions.