Rassemblés aux seins de l’Association Nigérienne des Jeunes Entrepreneurs, en fin de l’année 2019, les membres de l’ANJE ont remis au Président de la Chambre de Commerce et de l’Industrie un rapport de 14 pages. Seydou Souley Mahamadou est le directeur de la radio Challenge FM, et président de l’ANJE. Il a accepté répondre à quelques questions du magazine wa6k pour plus de détails sur le rapport.

Seydou Souley Mahamadou
Seydou Souley Mahamadou

Que contient exactement le rapport qui a été remis au président de la chambre de commerce ?

Sans détour, le président du bureau exécutif de l’Association Nigérienne des Jeunes Entrepreneurs nous dit : « Ce rapport comprend un ensemble de proposition qui a été faite par l’Association Nigérienne des Jeunes Entrepreneurs. Ces propositions tournent autour essentiellement des questions liées à la fiscalité. Nous nous sommes rendus compte que ces dernières années au Niger le gouvernement et l’ensemble des acteurs d’encadrement du secteur privé notamment la chambre de commerce et ses démembrements on fait beaucoup d’effort pour faciliter la création d’entreprise. Ce qui fait aujourd’hui une bonne partie de la jeunesse s’est engagée sur la voix de l’entrepreneuriat ». Il poursuit également en ajoutant : « mais nous avons remarqué que la plupart des entreprises qui ont été créée ont soit de la peine à décoller ou encore des difficultés. Beaucoup de jeunes entrepreneurs se plaignent de l’accès au financement, ils se plaignent de la disponibilité de ressources humaines, de l’accès au marché, l’accès à la technologie, à l’énergie… et toutes ces difficultés quand on les analyses, leurs points communs c’est la fiscalité ».

Après rédaction de ce rapport, le bureau de l’ANJE a choisi la chambre de commerce comme premier interlocuteur à qui le rapport a été soumis. Alors pourquoi le choix de cette personnalité ? Et quels rôles il peut jouer pour que les recommandations contenues dans ce rapport soient prise en compte ?

Seydou Souley Mahamadou répond : « Cette première rencontre avec le Président de la chambre de commerce a une logique. Par ce que nous ; en tant que  jeunes acteurs du secteur privé, tout ce que nous faisons, nous le faisons en cohérence avec nos aînés qui dirigent déjà et qui encadrent ce secteur. Et quand nous avons présenté nos propositions au président de la chambre de commerce et de l’industrie il était enchanté et il nous a réaffirmé son soutien ».

Au Niger, plusieurs rapports et recommandations ont été rédigés par des jeunes et des moins jeunes. Mais malheureusement ils ne sont pas pris en compte. Pour faire bouger les choses, de quels moyens disposent l’association Nigérienne des Jeunes Entrepreneurs ?

A cette question, notre interviewé répond : « Le premier moyen dont nous disposons, c’est nous même. Nous sommes une association, qui fédère des jeunes entrepreneurs. Au Niger nous avons de plus en plus de jeune qui entreprennent donc potentiellement, tout jeune entrepreneur est membre de l’ANJE. Et si on concède le fait que chaque année on crée 4000 à 5000 entreprises, et que la grande majorité de ces créateurs ce sont des jeunes, on constitue déjà une force. Aujourd’hui les entrepreneurs sont la force pour inciter les acteurs politiques à la prise en compte des propositions contenues dans ce rapport ».

Quand les gouvernants encouragent les jeunes à entreprendre et à investir dans des projets d’affaires, il faudrait aussi qu’ils facilitent également l’accès aux marchés, et pensent à des mesures pouvant faciliter la croissance des petites et moyennes entreprises. Quant à la proposition faite par de l’ANJE, une chose est de proposer ; et une autre en est d’être prise en compte.

 

Interview réalisée par Olivier ASSOGBAVI