Quelques jours après l’investiture, du président élu Mohamed Bazoum et l’officialisation des membres du gouvernement Ouhoumoudou Mahamadou nous sommes allées à Maradi pour recueillir l’avis d’une jeune entrepreneure. Hadjara Goumandakoye est cheffe d’entreprise et ambassadrice de l’entrepreneuriat dans la région.

Face à cette nouvelle équipe, plus restreinte et plus jeune que les précédentes, constituée de trente et trois ministres dont seulement cinq femmes : les attentes sont grandes.

Cinq femmes sur 33 nommés ministres ; ce dernier détail a choqué plus d’un, associations comme particuliers, qui déclarent le quota non respecté.

Hadjara Goumandakoye est cheffe d’entreprise et ambassadrice de l’entrepreneuriat dans la région: Rafik Photography
Hadjara Goumandakoye est cheffe d’entreprise et ambassadrice de l’entrepreneuriat dans la région: Rafik Photography

Pour Hadjara Goumadakoye, la promotrice de la marque de maroquinerie « Guma concept » :« En tant que femme, c’est vrai, nous avons toutes été choquées de voir la constitution du gouvernement avec très peu de femmes. Mais, ne rejetons pas la faute directement sur ces gouvernants, il faut d’abord aller à la source du problème. Quand il y a un poste à pourvoir, combien de femmes sont là qui peuvent réellement répondre aux critères ? Parce que, qu’on le veuille ou non, nous sommes dans une société où l’accent n’est pas mis sur l’éducation de la femme.

Elle soutient : « Donc plutôt que d’indexer la constitution du gouvernement où il y’a eut très peu de femmes, à nous à présent d’aller à la source et régler le problème. Donnons des opportunités aux filles de faire des études qui vont leur permettre d’ouvrir beaucoup de portes.  Et de poursuivre en disant: « Donnons l’opportunité aux filles de s’épanouir. Ne leur inculquons pas uniquement qu’elles sont là pour les tâches ménagères et le mariage. Inculquons-leur qu’elles ont des capacités, qu’elles ont des potentialités qu’elles peuvent mettre en valeur pour vraiment servir le pays, servir la société. J’aimerais juste faire un appel qu’il faut mettre un accent sur l’éducation de la jeune fille. Et après seulement, nous pourrons vraiment récolter le fruit de nos efforts. »

Si pour Hadjara, le problème ne vient donc pas que du gouvernement mais est partagé entre tous ; ceci n’est qu’un avis parmi tant d’autres.

Nafissatou Hamadou Saley